Depuis le mois de mai 2026, de nombreux automobilistes entendent parler d’une « aide carburant ». En réalité, il existe aujourd’hui deux dispositifs bien distincts :
- une aide de l’État destinée aux « grands rouleurs » ;
- une prime carburant que certaines entreprises peuvent verser à leurs salariés.
Les deux aides peuvent parfois être cumulées, mais elles ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Voici ce qu’il faut savoir.
1. L’aide carburant de l’État : la prime de 100 € pour les grands rouleurs
Le gouvernement a mis en place une aide exceptionnelle destinée aux salariés et travailleurs modestes qui utilisent beaucoup leur véhicule pour travailler.
Initialement annoncée à 50 euros, cette aide a finalement été portée à 100 euros.
Qui peut bénéficier de cette aide ?
Pour être éligible, plusieurs conditions doivent être remplies.
Le demandeur doit :
- vivre en France ;
- avoir été domicilié fiscalement en France en 2024 ;
- avoir déclaré des revenus d’activité en 2024 (salaires, revenus indépendants, bénéfices professionnels, etc.) ;
- avoir un revenu fiscal de référence inférieur ou égal à 16 880 € par part ;
- utiliser son véhicule personnel pour des trajets professionnels importants.
Concernant les déplacements, il faut :
- effectuer au moins 30 km aller-retour par jour entre le domicile et le lieu de travail ;
- ou parcourir au moins 8 000 km par an dans le cadre professionnel.
Les personnes n’ayant perçu que des allocations chômage ou une pension de retraite ne sont normalement pas concernées par ce dispositif.
Quels véhicules sont acceptés ?
L’aide concerne uniquement certains véhicules :
- voitures thermiques ;
- véhicules hybrides non rechargeables ;
- deux ou trois roues motorisés.
Le véhicule doit :
- être assuré ;
- ne pas être déclaré comme véhicule endommagé ;
- appartenir au demandeur.
En revanche, plusieurs catégories sont exclues :
- véhicules électriques ;
- véhicules hydrogène ;
- voitures de fonction ;
- voitures de service ;
- poids lourds ;
- véhicules agricoles ;
- quads lourds.
Comment faire la demande ?
La demande doit être effectuée directement sur le site des impôts.
Un simulateur officiel permet déjà de vérifier son éligibilité :
Le formulaire de demande est ouvert du 27 mai au 27 juillet 2026.
Le demandeur devra notamment renseigner :
- son numéro fiscal ;
- l’immatriculation du véhicule ;
- le numéro de carte grise ;
- les distances parcourues.
Une attestation sur l’honneur est également demandée.
Selon les informations communiquées par l’administration fiscale, le versement intervient généralement sous une dizaine de jours directement sur le compte bancaire du bénéficiaire.
2. La prime carburant versée par l’employeur
Deuxième dispositif : certaines entreprises peuvent prendre en charge une partie des frais de carburant de leurs salariés.
Contrairement à l’aide de l’État, cette prime :
- n’est pas automatique ;
- n’est pas versée par le gouvernement ;
- dépend entièrement de la décision de l’employeur.
Une aide facultative mise en place par l’entreprise
L’employeur peut choisir de rembourser :
- les frais de carburant ;
- ou les frais de recharge électrique.
Cette aide peut être mise en place :
- par accord d’entreprise ;
- par accord de branche ;
- ou par décision unilatérale de l’employeur.
Elle peut être versée :
- directement sur la fiche de paie ;
- ou via des titres-mobilité.
Quels salariés peuvent en bénéficier ?
Depuis 2025, les règles ont évolué.
La prime carburant employeur est principalement destinée aux salariés :
- vivant ou travaillant dans une zone mal desservie par les transports en commun ;
- ou ayant des horaires incompatibles avec les transports collectifs ;
- ou travaillant sur plusieurs sites sans transport organisé par l’entreprise.
En revanche, certains salariés sont exclus du dispositif :
- ceux disposant d’un véhicule de fonction avec carburant pris en charge ;
- ceux transportés gratuitement par l’employeur ;
- ceux ne supportant aucun frais de déplacement domicile-travail.
Quel montant peut être versé ?
L’entreprise reste libre du montant accordé à ses salariés.
En revanche, les exonérations sociales et fiscales sont plafonnées.
À ce jour, les règles officielles publiées par l’administration prévoient :
- une exonération jusqu’à 300 € par an pour la prime carburant ;
- une exonération pouvant atteindre 600 € en cas de cumul avec le forfait mobilités durables.
Ces plafonds concernent les exonérations de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu sous certaines conditions.
Ces dernières semaines, plusieurs annonces gouvernementales ont évoqué un relèvement du plafond de la prime carburant employeur jusqu’à 600 €. Toutefois, les textes administratifs officiels publiés à ce jour mentionnent encore un plafond spécifique de 300 € pour la prime carburant classique.
Les deux aides peuvent-elles être cumulées ?
Oui.
Un salarié peut :
- demander l’aide de 100 € versée par l’État ;
- et recevoir en parallèle une prime carburant de son entreprise.
Les deux dispositifs sont indépendants.
Ce qu’il faut retenir
Aujourd’hui, il existe bien deux aides carburant différentes :
| Dispositif | Qui verse l’aide ? | Montant | Demande à effectuer ? |
|---|---|---|---|
| Aide « grands rouleurs » | L’État | 100 € | Oui, sur impots.gouv.fr |
| Prime carburant employeur | L’entreprise | Variable | Dépend de l’employeur |