Réforme des retraites dans le budget 2026 : les retraités une fois de plus mis à contribution

Un budget d’austérité qui touche les retraités

Le projet de loi de finances pour 2026 présenté par le gouvernement s’annonce comme un budget d’économies. Sous couvert de « responsabilité budgétaire », l’État cherche à réduire le déficit public… mais en demandant un effort conséquent aux retraités.
Le message est clair : pour stabiliser les comptes, le gouvernement choisit de geler les pensions et de modifier la fiscalité des retraités, plutôt que de s’attaquer aux profits ou aux grandes exemptions fiscales.

Gel des pensions : une perte de pouvoir d’achat masquée

En 2026, aucune revalorisation des pensions n’est prévue. Autrement dit, les retraites resteront au niveau de 2025, malgré l’inflation toujours présente.
Cela signifie une baisse réelle du pouvoir d’achat pour des millions de retraités, notamment les plus modestes, qui subissent déjà la hausse des prix sur l’énergie, l’alimentation ou la santé.
Cette mesure, présentée comme temporaire, pourrait durer plusieurs années : le gouvernement évoque déjà une désindexation progressive jusqu’en 2030, ce qui reviendrait à réduire durablement la valeur des pensions.

Suppression de l’abattement fiscal de 10 % : une fiscalité plus lourde

Autre mesure phare du budget 2026 : la suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les revenus des retraités, remplacée par un abattement forfaitaire de 2 000 € par an.
Cette mesure frappera particulièrement les retraités aux revenus moyens ou élevés, mais ne profitera pas vraiment aux plus modestes.
Selon plusieurs analyses, cette réforme fiscale représenterait plus de 3,7 milliards d’euros prélevés en plus sur les ménages retraités dès 2026.

Un effort injustement concentré sur les retraités

Le gouvernement justifie ces choix au nom de « l’effort collectif ». Pourtant, ce sont les retraités et les classes moyennes qui supportent une grande partie du fardeau.
Les grandes entreprises et les hauts revenus ne sont, eux, que marginalement mis à contribution.
Cette politique crée une fracture générationnelle : ceux qui ont travaillé toute leur vie voient leurs pensions stagner, pendant que la vie devient plus chère.

Ce que cela change concrètement

Un retraité percevant 1 500 € par mois perdra environ 400 à 500 € de pouvoir d’achat par an.

Pour les retraites plus élevées, la fiscalité supplémentaire liée à la suppression de l’abattement fiscal pourrait atteindre plusieurs centaines d’euros.

Seule une petite minorité de retraités à très faibles revenus verra un léger allègement, mais sans compensation réelle face à la hausse du coût de la vie.

La position de la CAT : défendre le pouvoir d’achat des retraités

La Confédération Autonome du Travail (CAT) dénonce un budget qui fait payer la crise à ceux qui ont le moins de marges de manœuvre.
Les retraités ont déjà contribué à l’effort national à travers la CSG, la désindexation de 2019 et la suppression partielle de l’indexation automatique.
La CAT demande :

  • La revalorisation des pensions au minimum sur l’inflation,
  • Le maintien de l’abattement fiscal de 10 %, qui reconnaît le coût de la retraite et les charges supportées par les aînés,
  • Une politique budgétaire plus équitable, qui fasse contribuer réellement les grandes fortunes et les entreprises à la hauteur de leurs moyens.

Le budget 2026 ne réforme pas le système des retraites en profondeur, mais il affaiblit le pouvoir d’achat des retraités et accroît les inégalités.
Ce choix politique traduit une logique d’austérité, où les plus fragiles paient le prix de la stabilité budgétaire.
La CAT reste mobilisée pour défendre les retraités, les salariés et tous ceux qui refusent que la solidarité nationale serve de variable d’ajustement.

Source : https://cat-secteurprive.fr/blog/99/Reforme-des-retraites-dans-le-budget-2026-les-retraites-une-fois-de-plus-mis-a-contribution

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