Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) devrait être revalorisé d’au moins 2 % au 1er juin 2026, en raison de la reprise de l’inflation. Cette hausse automatique concernerait plus de deux millions de salariés.
Le mécanisme est prévu par le Code du travail : lorsque l’indice des prix à la consommation augmente de plus de 2 % depuis la dernière revalorisation du Smic, une hausse du salaire minimum doit être appliquée automatiquement.
Selon les données publiées par l’Insee en avril, l’inflation sur douze mois atteint 2,2 %, après 0,9 % en février. Cette progression est notamment liée à l’augmentation des coûts de l’énergie.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué sur RTL que, si ces chiffres sont confirmés à la mi-mai, la revalorisation entrerait en vigueur au 1er juin 2026.
Le Smic brut mensuel pour un salarié à temps plein pourrait ainsi passer d’environ 1 823 euros à près de 1 860 euros, soit une augmentation estimée à une trentaine d’euros nets par mois.
Une hausse qui concerne principalement les salariés au Smic
Les revalorisations du Smic en cours d’année restent peu fréquentes. La dernière hausse automatique de ce type remonte à mai 2022, dans un contexte de forte inflation après la crise sanitaire.
Cette augmentation bénéficiera directement aux salariés rémunérés au niveau du Smic. Les salariés dont la rémunération est déjà supérieure au minimum légal ne seront concernés que si leur convention collective prévoit un ajustement des grilles salariales.
Parmi les professions les plus directement touchées figurent notamment les employés du commerce, les agents de nettoyage, les aides à domicile, les serveurs, les ouvriers de l’industrie, ainsi que les apprentis et alternants dont la rémunération est indexée sur le Smic.
La part des salariés rémunérés au Smic a augmenté ces dernières années en France. Selon les chiffres disponibles, ils représentaient 12 % des salariés en 2021, contre 17,3 % au 1er janvier 2023.
Le Smic sert également de référence pour le calcul de plusieurs prestations sociales, de certains plafonds de ressources et de la validation de trimestres de retraite.
En additionnant la hausse de 1,18 % appliquée en janvier et celle attendue en juin, le Smic pourrait avoir progressé de plus de 3 % au cours du premier semestre 2026.